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Plus de 3000 ménages à la recherche d’un logement, à deux jours du 1er juillet au Québec

3 weeks ago 10

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À deux jours du 1er juillet, plus de 3100 ménages québécois sont toujours à la recherche d’un logement, dont plus de 2100 sont accompagnés activement, selon les dernières données de la Société d’habitation du Québec, recueillies auprès de la quarantaine de services d'aide à la recherche de logement de la province. Ces chiffres représentent une forte augmentation par rapport à la même date l’an dernier.

C'est sûr que nos pensées sont avec ces personnes, parce que c'est un stress important pour ceux qui ne savent pas encore où ils seront logés à partir du 1er juillet, a déclaré la première ministre Christine Fréchette alors qu'elle se trouvait à Saint-Lazare en Montérégie, lundi matin, pour annoncer un projet de 45 logements dits abordables, qui ne seront toutefois disponibles qu'en 2028.

Au même moment, l’Observatoire du Grand Montréal publiait une note économique démontrant que le Grand Montréal vient au 42e rang des 43 principales régions métropolitaines d’Amérique du Nord en matière de disponibilité des logements.

Quant à la 43e place, c’est la région métropolitaine de Québec qui la détient.

Une pancarte "logement à louer" devant un immeuble, à Montréal.

Montréal et Québec sont les cancres en matière de disponibilité des logements. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Taux d'inoccupation trompeurs

Pourtant, signale l’Observatoire, le taux d’inoccupation des logements à Montréal se situait à 2,9 % en 2025 et oscillerait autour de 3,1 % actuellement, ce qui représente théoriquement le seuil d’équilibre. Or, ce taux ne signale aucunement un équilibre, puisque les logements inoccupés sont ceux qui sont hors de prix pour les ménages moyens. Le loyer moyen pour un logement de deux chambres atteignait 1920 $ par mois dans le Grand Montréal, selon la note de l’Observatoire.

Les plus récentes données de la Société canadienne d'hypothèques et de logement à cet effet, qui datent d'octobre dernier, montrent d'ailleurs que le taux d'inoccupation dans le premier quartile (les logements les moins chers) à Montréal est de 1,6 % comparativement à 4,5 % dans le quatrième quartile (les loyers les plus chers). À Laval, ces taux sont respectivement de 0,8 % et de 7,7 %, en Montérégie, de 0,9 % et de 3,7 %, et, dans la grande région de Québec, de 1 % et de 4,9 %.

La ministre de l'Habitation, Karine Boivin Roy, qui accompagnait Mme Fréchette lors de l'annonce, a reconnu que le taux moyen ne reflète pas la crise. Il y a quatre quartiles, donc c’est les deux premiers dans lesquels on investit tous les efforts et sur lesquels la première ministre m'a confié le mandat.

Christine Fréchette n'a pas caché qu'il était essentiel d'augmenter l'offre de logements, mais elle a expliqué que, dans le contexte actuel, son gouvernement devait aller au plus urgent, soit l'aide personnalisée avec notamment le Programme de supplément au loyer (PSL) où le locataire ne consacre que 25 % de son revenu au loyer, l'État comblant la différence.

Elle a aussi louangé l'initiative du ministre Lionel Carmant, qui a créé ce qu'on appelle le PSL prévention, qui vise à soutenir des ménages qui sont à risque de perdre leur logement, et ce, avant qu'ils se retrouvent à la rue.

La première ministre n'a par ailleurs pas écarté l'instauration d'autres mesures, comme la possibilité de convertir des copropriétés en logements locatifs.

QS veut imposer 100 % du gain en capital

Aussi lundi, Québec solidaire a présenté de nouvelles propositions regroupées sous l’appellation de bouclier antispéculation, mesures qui serreraient la vis aux spéculateurs immobiliers tout en ajoutant une couche de protection aux locataires qui en sont victimes.

Le parti propose d'imposer 100 % des gains en capital réalisés lors de la vente d’immeubles locatifs à revenus, de taxer les logements vacants, de plafonner les hausses de loyer au niveau de l'inflation et d'augmenter les amendes aux propriétaires qui briment les droits des locataires.

En présentant ces mesures, la cheffe parlementaire de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a rappelé que, depuis 10 ans, le prix des loyers a augmenté de 70 % à Montréal, de 75 % à Québec et à Gatineau, et de 90 % à Sherbrooke.

Ruba Ghazal.

Ruba Ghazal a dénoncé le fait que près de 25 000 logements sont inoccupés sur l'île de Montréal seulement. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Elle s'est aussi insurgée contre le fait qu'il y aurait actuellement plus de 25 000 logements inoccupés à Montréal seulement, selon un récent reportage de Radio-Canada.

Réagissant à l'idée de taxer à 100 % le gain en capital sur la vente d'un édifice à logements multiples, Christine Fréchette a d'abord souligné que les régimes fiscaux d'Ottawa et de Québec sont harmonisés, ce qui rendrait difficile un virage unilatéral de Québec en la matière, et que Québec pénalise déjà les spéculateurs immobiliers à l'origine de « flips » (achat et revente rapide à profit).

Elle a toutefois rappelé que plusieurs petits propriétaires n'habitent pas leur édifice à logements, mais que celui-ci leur sert parfois de fonds de retraite.

Une surtaxe imposée à ces propriétaires, selon elle, les découragerait de faire des rénovations. Je pense que ça aggraverait le problème, a-t-elle dit.

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