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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayDepuis deux jours, à force d’ouvrir les portes du complexe d’entraînement du Canadien, l’air chaud s’est infiltré autour des deux patinoires au point de former une épaisse couche de condensation sur les vitres devant ce choc des températures.
Si épaisse qu’après une nuit de repos, des flaques d’eau tapissaient le sol de la galerie de presse, jeudi matin, ces pauvres journalistes y pataugeant, juste avant que ne s’amorce un match intraéquipe pour les 35 espoirs du Canadien ou invités de passage à ce camp de développement annuel, toujours très couru par le partisan.
Celui-ci est venu nombreux, par ailleurs. On parle de quelques centaines de curieux en ce début juillet caniculaire, par un soleil radieux, venus assister à ce duel de tous les instants.
Pour les jeunes, c’est l’occasion de se familiariser avec ce qu’ils espèrent être leur futur environnement de travail et avec leurs éminents collègues. Alexander Zharovsky, par exemple, s’entraîne depuis deux semaines avec son richissime compatriote Ivan Demidov. Tout le monde a eu droit à des conférences de la part de Jake Evans et de Lane Hutson.
Pour l’organisation, il s’agit d’apprendre à mieux connaître ses espoirs, surtout les nouveaux repêchés. Francis Bouillon, responsable du développement des joueurs de l’équipe, ira les visiter l’an prochain aux quatre coins de l’Amérique du Nord et plus loin encore, mieux vaut avoir fait connaissance préalablement.
On veut que les jeunes sortent d’ici avec plus de connaissances. C’est de se rencontrer, de parler du Canadien, de l’histoire. Beaucoup de conférenciers viennent leur parler. Nous, on prend de l’info, on apprend à les connaître, a expliqué Bouillon.
Si les amateurs étaient au rendez-vous, disions-nous, c’est qu’il fallait bien voir de quel bois se chauffaient Zharovsky, ce mystérieux Russe repêché en 2025 (34e) débarqué à Montréal pour la première fois il y a deux semaines, et, surtout, Michael Hage. Réponse : d’un bon bois jeudi matin.
Sans trop forcer, Hage a enfilé trois buts, dont un en tirs de barrage, d’un air dégagé, face à une compétition qui lui est en bonne partie inférieure. Le jeune homme d’Oakville a décidé de retourner à l’université pour une troisième campagne afin d’accaparer davantage de responsabilités. La porte est légèrement entrouverte à un retour, mais sa décision semble avoir été mûrement réfléchie.

Michael Hage
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Les partisans devront patienter encore un peu avant de le voir à l’œuvre à Montréal et c’est peut-être bien pour ça qu’il a fait courir les foules en ce 2 juillet.
Il y a eu Hage, donc, et il y a aussi eu L.J. Mooney.
Un peu de coffre
Le petit attaquant de 1,71 m et 76,5 kg a épaté la galerie. Par sa combativité, par la rapidité de ses mains, son agilité sur patins en possession de la rondelle, par sa vision du jeu.
Il aura fort à faire pour s’établir un jour dans la LNH étant donné son gabarit, bien qu’il y ait quelques exemples encourageants au sein de l’organisation qui l’a repêché. En attendant, son talent ne fait aucun doute.

L.J. Mooney
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Sa nouvelle corpulence non plus. Le CH ayant mis à jour les mensurations de ses poulains, on a pu constater que Mooney avait ajouté quelque 5 kg à sa charpente dans la dernière année.
C’est important pour moi de prendre du poids et de garder ma vitesse. Je trouve que ça se passe bien jusqu’à présent. J’aimerais ajouter encore quelques livres avant le début de la prochaine saison, a lancé le jeune homme de 19 ans.
Je trouve que j’apporte quand même un peu de robustesse, même si je suis plus petit. En étant plus lourd, je peux m’impliquer plus physiquement, ça m’aide défensivement.
Mais on ne lui demandera pas de passer quiconque par-dessus bord. Il demeure que c’est grâce à son intelligence du jeu qu’il se donnera peut-être une chance un jour, intelligence qui s’est manifestée entre autres lorsqu’il est venu de l’arrière pour soutirer la rondelle à Hage, qui préparait une contre-attaque.
Un petit attaquant hargneux au moteur qui tourne continuellement à plein régime? Le CH en avait un dans ses rangs jusqu’à tout récemment.
Mooney sera de retour avec l’Université du Minnesota l’an prochain après une première saison prometteuse de 30 points en 34 rencontres dans la NCAA. Il y a encore beaucoup de travail à faire, a-t-il admis.
Je ne changerai rien. Je vais continuer de jouer à ma façon, je sais ce que je peux faire. Il s’agit de continuer de progresser, de devenir plus fort, plus gros, plus vite. Si je peux continuer comme ça, ça devrait bien aller, a conclu Mooney.
Pas de crise d’identité en vue pour Protz
Pendant que Mooney terminait sa mêlée de presse, Owen Protz commençait la sienne. Ce n’est pas un exercice qui l’intimide beaucoup, c’est le moins qu’on puisse dire.
Charismatique, détendu, farceur, le défenseur était comme un poisson dans l’eau. Outre les qualités de l’athlète, il n’est pas difficile de voir ce qui a séduit les dirigeants de l’équipe chez lui, eux pour qui la force de caractère est élevée en valeur cardinale.
Après trois saisons avec les Bulldogs de Brantford en Ontario (OHL), Protz a terminé son stage junior et devrait grossir les rangs du Rocket de Laval à l’automne.
L’arrière de 20 ans est reconnu pour son amour du jeu robuste et des mises en échec. Probablement parent avec un tronc d’arbre, Protz affirme qu’il aime dire [qu’il] est plus fort que la majorité des gens , même si on ne sait jamais.
Ce style de jeu simple risque de le servir dans sa transition chez les professionnels.
Dans la Ligue américaine, ce ne sont pas nécessairement tous les joueurs les plus rapides ou les plus forts, les meilleurs tireurs ou autres, mais tout le monde a une excellente vision du jeu, tout le monde connaît ses responsabilités et sait où il doit se placer sur la glace, tout le monde connaît son job. Je devrai réaliser quel est mon travail et mon objectif pour aider l’équipe à gagner, a fait valoir Protz.
L’Ottavien, qui a fait deux ans d’immersion française dans la capitale et a tenu à saluer sa professeure de l’époque, Mme Okomono, a dit travailler sur son jeu de pieds, pratiquer d’autres sports avec cet objectif en tête, dont le volleyball, ces dernières années. Le CH lui a aussi demandé de raffiner ses habiletés en possession de la rondelle et sa prise de décision avec celle-ci.
Tout cela est bel et bon, mais, au bout du compte, Protz sait très bien que la dimension plutôt rare qu’il a en lui, cette robustesse qui manque au Canadien, lui permettra de se distinguer de la masse.
Je n’ai pas de crise d’identité, a-t-il lancé, sûr de lui.
Je pense que ça aide, mais je ne suis pas certain que ça facilite la transition d’une ligue à l’autre. C’est quand même un saut. Je peux être Gretzky – je ne le suis pas – je pourrais être un incroyable joueur, mais le saut du junior à une ligue professionnelle demeure difficile. Ça va être le fun, j’ai hâte.
Tu essaies de les projeter dans le futur durant leurs années juniors, mais c’est quand ils arrivent et commencent à jouer les matchs hors concours [dans la Ligue américaine] qu’ils réalisent. Ce ne sont pas tous des professionnels quand ils jouent junior. On veut en faire des pros, a souligné Bouillon.
Protz n’en a peut-être pas encore le jeu, mais il semble en avoir la maturité. Un aspect plus difficile à quantifier lors d’un match intraéquipe au début du mois de juillet.


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