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Alertes à la tornade : mieux vaut prévenir que guérir

1 day ago 2

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Des experts soutiennent qu’il est plus « sage de faire preuve de prudence, même en l’absence de menace évidente », à la suite de l'alerte à la tornade émise mardi après-midi pour Ottawa.

Si vous avez été surpris par une alerte à la tornade sur votre cellulaire en fin d’après-midi mardi dernier, vous n’étiez pas les seuls. Plus d’un million de personnes dans une bande de l’est de l’Ontario s’étendant d’Arnprior à Hawkesbury et englobant Ottawa en ont également reçu une.

La tornade a commencé à se former plus d’une heure après l'alerte et a touché le sol à Harrington, au Québec, à plus de 90 kilomètres au nord-est du centre-ville d’Ottawa.

Une tornade passe dans un quartier résidentiel.

Le risque était réel, puisque le radar montrait de forts signaux de rotation, selon un météorologue d'Environnement et Changements climatique Canada. (Photo d'archives)

Photo : Sarah Hirsi/Abir Srour

L’alerte émise par le système canadien En Alerte — le même système qui avertit les Canadiens des feux de forêt, des menaces terroristes, des alertes Amber et d’une multitude d’autres situations d’urgence — conseillait à la population de se réfugier dans le sous-sol, même si un orage avait déjà traversé Ottawa et que le ciel commençait à s’éclaircir.

J’ai juste trouvé ça un peu exagéré, déclare Mona Alhafez, qui était au travail dans le quartier Barrhaven, à Ottawa, lorsque l’alerte a retenti. Elle précise qu’il n’y avait aucun signe de conditions météorologiques menaçantes à ce moment-là.

De son côté, Chris White a aimé recevoir l’alerte, mais n'a pas modifié ses plans pour autant.

C’est un peu comme une alerte Amber, explique-t-il. Ça ne me touche peut-être pas directement, mais je suis content que les gens en soient conscients, car ça va toucher quelqu’un.

Le risque était réel

Peter Kimbell, météorologue chargé de la préparation aux alertes à Environnement et Changement climatique Canada, affirme qu’il est sage de faire preuve de prudence, même en l’absence de menace évidente.

Le risque était réel, car le radar montrait des signes assez forts de rotation, a déclaré M. Kimbell à l’émission Ottawa Morning sur les ondes de CBC.

Les prévisionnistes d’Environnement Canada à Toronto sont chargés de décider quand diffuser des avertissements de tornade par l’intermédiaire du système En Alerte.

Bien qu’ils soient experts dans la détection des tornades dès leur formation, ils sont parfois amenés à émettre des avertissements pour une zone plus vaste que ce qui est absolument nécessaire, car la technologie peut mettre du temps à suivre le rythme, explique M. Kimbell.

Il y a peut-être un peu trop d’alertes en ce moment, mais il y a 20, 30 ou 40 ans, nous n’étions même pas capables de faire cela, et le risque était donc que personne ne reçoive réellement l’alerte, dit-il.

Selon M. Kimbell, des améliorations au système actuel sont en cours.

Le météorologue Peter Kimbell en entrevue à Radio-Canada dans son bureau.

Peter Kimbell est météorologue chargé de la préparation aux alertes à Environnement et Changement climatique Canada. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jacques Corriveau

Une menace imprévisible

Les États-Unis ont adopté une approche plus ciblée géographiquement pour leur système d’alerte aux tornades.

Mais aucune approche n'est parfaite, selon Bill Bunting, directeur adjoint du Centre de prévision des tempêtes de la National Oceanic and Atmospheric Administration à Norman, dans l'état de l'Oklahoma.

Le défi réside dans le fait qu’on ne connaît pas toujours à l’avance quelles seront les caractéristiques de la tornade susceptible de se former, précise-t-il. Il y a donc une incertitude inhérente à toute alerte, voire à une veille de tornade qui pourrait la précéder.

En raison de leur nature imprévisible, M. Bunting indique qu’un certain nombre de fausses alertes se produisent encore aux États-Unis, où l’on recense en moyenne 1300 tornades par an.

Une zone d’alerte typique mesure entre 40 et 65 kilomètres de long et 40 kilomètres de large, précise M. Bunting, qui reconnaît que la plupart des gens préféraient être avertis à tort, plutôt que d’être pris au dépourvu.

Dans l’ensemble, les gens comprennent qu’il puisse y avoir un certain nombre de fausses alertes si un événement se produit ailleurs… mais qu’il a simplement manqué leur région, explique-t-il.

Je pense que la plupart des gens comprennent qu’aucun système d’alerte, quel que soit le type de menace, n’est parfait, mais l’essentiel est de réduire au minimum les fausses alertes et, parfois, d’expliquer… pourquoi l’alerte a été émise.

Avec des informations de Kimberley Molina, de CBC

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