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Qui sont les Second Sons, les organisateurs du rassemblement raciste à Shawinigan?

1 day ago 4

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Le groupe d’extrême droite Second Sons Canada a revendiqué le rassemblement à caractère raciste qui a eu lieu samedi à Shawinigan par l'entremise d'une vidéo promotionnelle publiée sur ses réseaux sociaux. Derrière leur esthétique militaire et l’entraînement se cache une volonté de faire croître un mouvement qui préconise la violence.

Le rassemblement du groupuscule à Shawinigan et leur banderole qui affichait un message haineux font réagir depuis trois jours. Il s’agit, selon le directeur scientifique de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l'extrémisme violent, Mathieu Colin, d’un modus operandi bien connu de ces types de groupes.

Le premier objectif est vraiment de provoquer et de faire parler d'eux au sein de la sphère publique. Donc, effectivement, de se mettre dans des espaces publics avec des banderoles qui ont souvent pour thème l'identité, qui ont souvent pour thème l'immigration, ça vient marquer les esprits [...] Le deuxième, c'est aussi à des fins de recrutement, explique M. Colin.

Il indique que ces rassemblements sont de plus en plus visibles sur le terrain. Dans sa vidéo, Second Sons en revendique huit au pays.

Une carte du Canada avec plusieurs villes indiquées par des symboles de Second Sons.

Les Second Sons ont revendiqué huit rassemblements dans différentes villes canadiennes.

Photo : Capture d'écran/Second Sons Canada

C'est vraiment l'idée de récupérer de l'espace hors ligne. Auparavant, l'extrême droite était surtout en ligne, sur des réseaux sociaux [...] Ces groupes vont en fait essayer aussi de recréer une sorte de tissu social, de recréer, en fait, des ancrages locaux, ajoute-t-il.

Il rappelle que les Second Sons ont déjà tissé des liens avec des groupes américains du même acabit, comme Patriot Front, et que la cristallisation des questions identitaires qu’on observe au sud de la frontière se déplace ici et peut alimenter les actions des groupes d’extrême droite.

Des personnes de dos avec des chandails noirs et des cagoules blanches.

Les Second Sons comptent sur une esthétique léchée dans leurs vidéos de promotion qu'ils publient sur leurs réseaux sociaux. (Photo d'archives)

Photo : (Second Sons Canada/X)

Quand on regarde aussi ce qui se passe au sud de la frontière aux États-Unis, où l'on voit, en fait, aussi que la rhétorique, notamment de l'administration Trump, est très violente, très radicale par rapport à ce sujet-là, et que ça vient, en fait, aussi en retour pousser un certain nombre de tendances et de groupes d'extrême droite aussi aux États-Unis. Il faut aussi se rendre compte qu'effectivement, le Canada subit, en fait, de plein fouet cette influence-là, indique-t-il.

En ce qui concerne les Second Sons, il indique que ce groupe et les autres du genre sont composés de suprémacistes blancs, qui prônent parfois même jusqu'au néonazisme. Il ajoute qu’ils présentent bien souvent une version édulcorée de leur idéologie.

Ils mettent aussi, justement, l'accent dans l'espace public, sur des messages, en fait, qui sont peut-être aussi moins radicaux, moins violents, effectivement, que des propos proprement d'extrémistes, et qui viennent directement cibler des enjeux comme l'immigration, explique-t-il.

Le sport de combat comme porte d’entrée

Parmi les moyens qu’utilisent ces groupes pour recruter, on trouve notamment les clubs de combats, qui sont couramment appelés les « Active Clubs », qui servent de porte d’entrée pour ce type d’idéologie, sous le couvert de l’entraînement et de la forme physique.

Des hommes habillés en noir avec des cagoules blanches.

Ce rassemblement d'un club de combat des Second Sons, qui a été publié sur les réseaux sociaux du groupe, a eu lieu à Caledonia, en Ontario, selon une enquête de CBC. (Photo d'archives)

Photo : (Second Sons Canada/X)

Par la pratique sportive, il y a la volonté, en fait, de recruter un public relativement large, qui n'est pas nécessairement totalement acquis aux idées radicales, à des idées d'extrême droite, etc., puisque l'idéologie sera injectée ensuite, explique Mathieu Colin.

Il rappelle que la fascination de ces groupes pour le combat et pour l’esthétique militaire n’est pas innocente.

Ce sont des groupes qui se préparent au combat, qui se préparent potentiellement à des affrontements, et qui, pour les plus violents, dans une logique dite accélérationniste, se préparent aussi à l'effondrement de notre société et à des guerres civiles, dit-il.

Il y a deux mois, les clubs de combat ont fait l'objet d’un rapport de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui a déterminé qu’ils constituaient un risque de violence extrême.

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