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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe président américain, Donald Trump, a laissé planer l'incertitude, mercredi, sur le sort du fonds d'indemnisation de 1,8 milliard de dollars, dont l'abandon a pourtant été annoncé par un des membres de son administration.
Alors que le procureur général par intérim, Todd Blanche, s'est engagé mardi à renoncer à créer ce fonds, officiellement destiné aux personnes s'estimant victimes de persécution judiciaire, le président américain a fourni des explications contradictoires et ambiguës.
Contestée devant les tribunaux, l'initiative a été critiquée non seulement par des démocrates, mais aussi – fait rare – par plusieurs républicains.
Interrogé sur les raisons qui avaient incité son administration à faire marche arrière, Donald Trump a, au contraire, plaidé sa pertinence. Bien, je l'aime, je pense qu'il est vraiment important, a-t-il dit mardi aux journalistes réunis au bureau ovale, dénonçant longuement le sort réservé à de grands Américains qui ont été victimes de persécution judiciaire.
Leur vie a été détruite par les administrations de Joe Biden et de Barack Obama et par des procureurs cinglés radicaux, a-t-il lancé, sans répondre à la question.
Il a ensuite déploré la décision d'une juge radicale de gauche qui avait gelé provisoirement le fonds d'indemnisation la semaine dernière.
Nous verrons comment ça va se régler, a-t-il dit.
Maltraités après l'assaut du Capitole
Pressé de clarifier si le fonds était mort ou mis en pause, Donald Trump est resté évasif. Il faudrait que je demande aux avocats. Je ne sais pas, a-t-il répondu à une journaliste de CNN, qu'il a ensuite insultée en critiquant un média de fausses nouvelles.
Vous devriez avoir honte, a-t-il dit à la journaliste, qui est restée impassible.
Même si son administration décrivait le fonds d'indemnisation comme étant ouvert aux personnes de toutes allégeances politiques, le président Trump a uniquement insisté sur ses partisans qui ont été poursuivis en lien avec l'assaut du Capitole du 6 janvier 2021.

Le 6 janvier 2021, après un discours de Donald Trump, des centaines de ses partisans ont réussi à envahir le Capitole.
Photo : Getty Images / Brent Stirton
Ils sont allés là avec amour, a-t-il affirmé, vantant la foule gigantesque devant laquelle il avait pris la parole lors du rassemblement qui a précédé l'émeute.
Il y avait tellement d’amour et d’amitié. C’était la chose la plus incroyable. Les gens pleuraient. [...] Ces personnes ont été maltraitées par vous et par d'autres, a-t-il dit, intimant à la journaliste de CNN de le laisser parler.
Celle-ci tentait de l'interroger sur le fait que des élus républicains s'opposaient à la mise sur pied du fonds.
Dans une entrevue diffusée plus tôt dans la journée, mais enregistrée la veille, Donald Trump a contesté l'idée selon laquelle son administration avait abandonné cette initiative.
Avez-vous renoncé au fonds anti-instrumentalisation [de la justice]? lui a demandé la journaliste du tabloïd New York Post.
Non. Un tribunal s’y est opposé, a-t-il répondu, même si la juge à l'origine de la décision n'avait ordonné qu'une suspension temporaire.
Mais pour que vous compreniez bien, ce sont des personnes qui ont été anéanties, a-t-il affirmé. Je suis très fier de les avoir graciées. Et je pense qu’elles devraient être remboursées pour avoir été [persécutées par] un gouvernement corrompu.
Marche arrière du département de la Justice

Le procureur général des États-Unis par intérim, Todd Blanche, lors de son témoignage devant un comité de la Chambre des représentants, le 2 juin 2026.
Photo : Getty Images / Andrew Harnik
Des élus républicains furieux
Mardi, Todd Blanche a pourtant affirmé devant un sous-comité de la Chambre des représentants que son département n'allait pas de l'avant avec le fonds. Il a acquiescé quand une élue démocrate lui a demandé s'il voulait dire qu'il n'irait jamais de l'avant avec ce projet.
Il a cependant refusé de consigner cet engagement par écrit.
Lors d'une audience antérieure devant un comité du Sénat, il avait refusé d'exclure que des émeutiers condamnés pour avoir attaqué des policiers lors de l'attaque du Capitole reçoivent une compensation financière.
Le mois dernier, les sénateurs avaient quitté Washington pour leur pause du jour du Souvenir sans adopter, comme prévu, le projet de loi budgétaire sur le contrôle de l'immigration et sur la protection des frontières. La raison : une rarissime révolte d'élus républicains face à ce fonds, qui est un sujet sensible politiquement à quelques mois des élections de mi-mandat.
Après l'engagement de Todd Blanche, les sénateurs républicains ont d'ailleurs voté, mercredi, en faveur de la tenue du débat sur le vote, étape préliminaire en vue de l'adoption du texte, pour lequel les démocrates devraient présenter une série d'amendements.
Certains sénateurs républicains ont cependant laissé entendre qu’ils ne donneraient pas leur aval au projet de loi sans qu'il précise, noir sur blanc, que le fonds d'indemnisation ne verra pas le jour.
Un accord avec Trump
Cette initiative s'inscrivait dans un accord sans précédent conclu entre Donald Trump et son administration.
En échange de la création du fonds, le président américain avait retiré sa poursuite de 10 milliards de dollars intentée en début d'année contre le fisc américain en lien avec la fuite d’informations sur ses déclarations de revenus lors de son premier mandat.
Son administration s'était en outre engagée à renoncer à toute poursuite contre lui, sa famille ou ses entreprises pour de possibles arriérés d'impôts qu'ils auraient pu devoir avant la date de l'accord.
Todd Blanche a précisé mardi que cette partie de l'accord était maintenue.


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