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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe gouvernement Fréchette planche sur un projet de loi visant à interdire la vente des boissons énergisantes caféinées aux 16 ans et moins. Radio-Canada a appris que tous les partis politiques ont été convoqués à une rencontre lundi. S’ils donnent leur feu vert, ce qu’on pourrait appeler une loi Zachary-Miron pourrait être adopté avant la fin de la session parlementaire à l’Assemblée nationale, en juin.
Après que son prédécesseur eut hésité pendant trois ans à encadrer la vente de ces produits, et malgré les recommandations de la Direction de la santé publique, la nouvelle première ministre, elle, veut mieux les encadrer et protéger les jeunes.
Jusqu’ici, la ministre de la Santé Sonia Bélanger s’était montrée très sensible au problème et se disait préoccupée par la mort de Zachary Miron, 15 ans, mais n’avait pris aucun engagement ferme quant à un éventuel projet de loi. La ministre s'est limitée à dire qu’elle n’écartait pas un projet de loi, sans préciser d’échéancier.
Enquête révélait en décembre dernier que la mort subite de l’adolescent avait été causée par la combinaison d’une seule canette de Red Bull et du Biphentin, un médicament pour le trouble de déficit de l’attention (TDAH).
Aujourd’hui, il semble que Québec veuille légiférer, mais strictement sur la question de l’âge de la vente. Pour donner plus de chances à un éventuel projet de loi de faire son chemin, le gouvernement Fréchette a écarté, pour l’instant, les autres recommandations que faisait la Direction de la santé publique dans un rapport transmis à l’ex-ministre de la Santé, Christian Dubé, en 2023, et resté jusqu’ici lettre morte par le gouvernement Legault.
Il était question notamment d’interdire toutes formes de promotion des boissons énergisantes auprès des personnes mineures et dans les centres sportifs et de loisirs, de fixer un prix minimum en dessous duquel les boissons énergisantes ne peuvent être vendues et d’analyser la possibilité d’instaurer une taxe sur ces produits. Tout cela devra attendre.
Le cabinet de Sonia Bélanger n’a ni confirmé ni nié nos informations. La ministre a exprimé à plusieurs reprises ses préoccupations face à cet enjeu de santé publique et sa volonté d’agir pour protéger les jeunes. C’est d’ailleurs dans cet esprit qu’elle a mis sur pied une démarche transpartisane pour faire avancer le dossier de façon collaborative. À ce stade-ci, aucune option n’est écartée, mais aucune décision n’a été prise, indique-t-on.
Possible, malgré les délais serrés
Si le calendrier est bien rempli et que les délais sont serrés, le gouvernement croit qu’il serait possible de faire adopter ce projet de loi, à condition d’avoir l’aval de chacune des formations politiques.

Zachary Miron, 15 ans, est mort après avoir consommé une seule canette de Red Bull et du Biphentin
Photo : Gracieuseté de la famille de Zachary Miron
Toutes ont répondu présentes à la rencontre, sauf le Parti conservateur du Québec. Maïté Blanchette-Vézina, ancienne ministre caquiste qui a rejoint les rangs du parti d’Éric Duhaime en mars, a confirmé avoir été invitée, mais trop tard. Elle avait un autre engagement.
Par la voix de son attachée de presse, elle a indiqué que son parti allait prendre connaissance du projet de loi lorsqu’il sera déposé. Nous sommes toutefois d’avis que c’est une question importante qui mérite qu’on prenne le temps nécessaire pour y réfléchir et qu’on entende l’ensemble des parties prenantes (pas juste l’avis du gouvernement), a-t-elle souligné.
Quant au solidaire Guillaume Cliche-Rivard, qui a porté le sujet à l’Assemblée nationale depuis la diffusion du reportage d'Enquête, il se dit optimiste.
J'accueille cette nouvelle avec beaucoup de joie et de fierté, mais aussi avec un certain soulagement, nous a écrit le député à l’origine d’une pétition qui a récolté plus de 35 000 signatures en faveur de l’interdiction de ces produits aux moins de 16 ans.

Le député de Québec solidaire Guillaume Cliche-Rivard s'exprime lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale, le 1er avril 2026, aux côtés de Veronica Martinez et de David Miron, parents de Zachary Miron, décédé après avoir consommé une boisson énergisante et sa médication pour le TDAH. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Une mobilisation sans précédent dans les milieux scolaires a suivi. Au total, 21 organisations – tant des directions d’écoles privées et publiques que des comités de parents et des syndicats – ont uni leurs voix pour une rare fois afin que soient interdites la vente et la distribution de boissons énergisantes aux jeunes de moins de 16 ans.
Le mouvement citoyen et le combat mené par la famille de Zachary Miron pour protéger les jeunes semblent porter fruit et entraîner des mesures importantes, a noté le député de Saint-Henri–Sainte-Anne.
Alors qu'il reste très peu de temps à la session parlementaire, j'offre toute ma collaboration afin que nous puissions adopter ce projet de loi à temps et je suis confiant que mes collègues adopteront la même approche. Après tout, il en va de la sécurité de nos enfants. Il est temps d’agir!, a-t-il conclu.
Au Parti libéral du Québec, la directrice des communications Alexandra Régis nous a renvoyés à une déclaration récente du chef Charles Milliard : Les boissons énergisantes peuvent représenter un risque réel chez les jeunes, particulièrement lorsqu’elles sont combinées à certains médicaments ou consommées dans un contexte récréatif. Si le gouvernement souhaite légiférer pour interdire la vente aux moins de 16 ans, le Parti libéral du Québec est prêt à collaborer. C’est une mesure de prévention et de protection des jeunes qui mérite d’être prise au sérieux.
Le Parti québécois n’a quant à lui pas souhaité commenter l’éventuel dépôt d’un projet de loi ni la rencontre de lundi. Si le porte-parole péquiste en matière de santé, le député Joël Arseneau, y était, il est demeuré plutôt discret sur les intentions de son parti, ont indiqué certaines de nos sources.
En avril dernier, le chef Paul St-Pierre-Plamondon déclarait toutefois qu’on ne devrait pas attendre des décès. Dans le cas des mineurs, on a un devoir envers la protection de la jeunesse.
Les fabricants veulent plus de consultations
L’Association canadienne des boissons, qui représente notamment Red Bull et Monster, souhaite que des consultations additionnelles soient menées avant d’aller plus loin. Elle invite les élus à fonder leurs politiques sur les connaissances scientifiques les plus à jour, et à respecter les processus de consultations usuels.
L’Association estime aussi qu’une conversation fondée sur des données probantes est plus constructive que de cibler une seule catégorie de produits déjà réglementée par Santé Canada.
Elle soutient que la caféine a le même effet, peu importe sa source, et ne représente qu’une faible part de la consommation de caféine chez les jeunes. Les boissons en vente au pays respectent une limite de 180 mg par portion. C'est une concentration moindre que ce qu’on retrouve dans un café torréfié moyen servi à la chaîne de cafés du coin, a laissé savoir par courriel la directrice principale de l'Association, Carole Grenier.
Les parents de Zachary Miron ont quant à eux préféré ne pas commenter les derniers développements, sans cacher qu’ils continuent de fonder tous leurs espoirs sur le gouvernement de Christine Fréchette. Ils ont rencontré et tenté de sensibiliser la nouvelle première ministre lors de leur passage à Tout le monde en parle en avril, lorsqu’ils se trouvaient sur le même plateau qu’elle.


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